Court & Bref, l’après 11 mai avec Catherine Merveilleux !

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Devant la foultitude de retours plus que positifs et de demandes, “Court & Bref” continue !

Une seule question se pose : « Et après ? » Penser à « l’après » est une façon de mobiliser ses forces positives pour un futur que l’on imagine meilleur !

Comment va-t-on retrouver Marseille ? Les initiatives se construisent, mais seront-elles suffisantes ? Une prise de conscience collective va-t-elle faire bouger les lignes ?

Territoire, environnement, culture,etc… dans cette prolongation de « Court & Bref », c’est le point de vue des acteurs économiques, politiques et culturels de notre Cité Phocéenne que je décide de développer. Incontournables de notre Cité Phocéenne, ils et elles concentrent l’espoir et la résilience d’un renouveau toujours possible.

Le meilleur est devant…Go Marseille !

Avec nous aujourd’hui, Catherine Merveilleux, rédactrice en chef  de l’organe de presse en ligne lejouretlanuit.net, et auteur des romans « Cannes For Ever » (2016), « Marseille, le jour et la nuit » (2013), « Normalitude » (2013), (2014) et « Les Barbaresques (2013).

Bonjour Catherine,  merci de m’accorder ces quelques instants.

Je suis ravie de le faire !

Nous sortons à peine du confinement. Pendant que les Marseillais reprennent tout doucement une vie normale. Quel est le pouls de Marseille, aujourd’hui ?

Les Marseillais ont  su  faire preuve de beaucoup de créativité, d’imagination et de solidarité pendant cette Pandémie. Beaucoup ne sont pas restés inactifs. Loin de là. Certains comme Fask, dont le Fondateur directeur général est Jocelyn Meire, et les Couturiers solidaires ont fabriqué gratuitement des masques pendant tout le confinement à destination des soignants. D’autres comme Devaky Sivadasan, fondatrice de Mama Spice ont confectionné gratuitement des repas pour le personnel hospitalier, d’autres comme Le Gang des Casseroles solidaires ont fabriqué des repas pour les plus démunis etc… La plupart des Marseillais ont travaillé différemment par télétravail, par visioconférence.  Le lien social lui-même a été préservé grâce aux apéros What’sapp, aux cours de zumba en ligne, aux conférences de presse grâce à Zoom. Beaucoup se sont adonnés au sport, à la peinture et ont profité de cette parenthèse hors du temps pour faire ce qu’ils n’avaient pas le temps de faire lorsqu’ils étaient pris dans le tourbillon de la vie. Depuis le 11 mai, les commerces ont eu l’autorisation de rouvrir, mais beaucoup de Marseillais continuent à se faire livrer, à travailler à la maison, à avoir peur de mettre leurs enfants à l’école. Les bars, les restaurants sont toujours fermés. Les tribunaux ne fonctionnent pas. Les déplacements à plus de 100 km sont interdits. Les spectacles et les concerts sont prohibés. On est encore loin d’une vie normale… Je pense qu’il faudra attendre le 2 juin pour voir s’amorcer un semblant de vie normale.

Certains grands patrons français militent pour une « relance verte ». Des plans massifs d’investissements publics verts seraient le moyen le plus efficace pour relancer les économies, pour une après-crise plus soucieuse d’environnement. Pensez-vous qu’il faille une relance économique « verte » qui réindustrialise aussi l’économie de notre territoire ?

Bien évidemment, la perspective d’une nature préservée, d’une mer non polluée me séduit et c’est une des priorités à ne pas perdre de vue après le cataclysme que nous venons de vivre. Cependant, il ne faut pas perdre de vue d’autres priorités, notamment celle de vivre en autosuffisance et de ne pas dépendre du bon vouloir d’autres pays pour avoir de l’énergie, des masques, du gel hydroalcoolique, des médicaments… Je suis pour ma part favorable à un certain protectionisme qui nous permettrait de vivre en autosuffisance et je suis hostile à toute ces délocalisations qui ont provoqué tant de chômage. Relocaliser certaines industries, notamment celles du textile en France serait le moyen le plus efficace pour relancer l’économie et réduire le chômage en allégeant les coûts de production par le transfert des charges sociales vers l’impôt.  Pourvu d’un emploi, les Français ne seraient plus assistés et dépendants d’un Etat-Providence. Il serait temps de relancer un Plan Marshall dans ce sens et dans cette optique.

Selon la Banque de France, le confinement a coûté près de six points à l’économie française et l’activité économique en France a plongé de 27%  au mois d’avril par rapport à la trajectoire attendue avant la crise, en raison du confinement. Comment voyez-vous repartir l’économie de notre territoire ? Les initiatives se construisent, mais seront-elles suffisantes ? Une prise de conscience collective fera-t-elle faire bouger les lignes ?

Comme je le disais, il faudrait un plan Marshall de grande envergure avec des relocalisations, un certain protectionisme car même si une prise de conscience collective a eu lieu, les initiatives individuelles, même si elles sont courageuses et admirables ne suffiront pas à faire bouger les lignes face à la globalisation et ses effets pervers. Imaginer le contraire serait de l’angélisme.

Comprendre la consommation de demain. La crise sanitaire a servi d’accélérateur à des tendances qui se dessinaient déjà. Hybride, made in France, petits créateurs, dans un monde post Covid-19, comment consommerons-nous ?

La crise sanitaire a effectivement servi d’accélérateur à des tendances qui se dessinaient déjà. Les Français ont appris à revenir à l’essentiel, à se passer du superfétatoire. Ils ont appris à consommer plus sain, plus authentique, ils ont appris à faire du pain, à coudre pour faire des masques avec des tutos… Ce qui ne les a pas empêchés le 11 mai de se précipiter chez Zara sous la pluie !

Le mois de mai nous amène progressivement vers l’été, saison de distractions. La culture est le reflet d’un monde polymorphe à la pluralité des sens.  Dans un sens courant, elle évoque généralement la connaissance des œuvres de l’esprit : littérature, musique, danse, art, etc. Et demeure aussi un « héritage social ».  Quelle « culture » aimeriez-vous voir à Marseille ?

Marseille est une ville très riche culturellement. Elle est en perpétuelle effervescence. Elle vibre. L’annulation des concerts, des spectacles et de tous les Festivals est une catastrophe pour tous les professionnels de la culture que ce soit à Cannes, à Avignon ou dans la Cité Phocéenne. D’autant plus que tous ces événements sont reportés sine die, autant dire aux Calendes grecques. Pour les intermittents du spectacle, pour les cinémas, c’est une véritable catastrophe économique. La Culture est essentielle, nous en avons eu la preuve pendant la confinement car que serions nous devenus sans livres, sans musique et sans films pour nous distraire ?

Enfin, comment voyez-vous Marseille « demain » ?

Belle et ensoleillée et sans doute plus humaine et plus solidaire, mais je crains une crise financière sans précédents, notamment pour la classe moyenne et les petits commerçants déjà fragiles avant la Pandémie, qui devront en plus de leurs difficultés récurrentes supporter la charge fiscale de la dette générée par les aides d’état distribuées avec largesse… La situation des restaurateurs est, elle aussi, très inquiétante.  Néanmoins Marseille dispose d’un potentiel extraordinaire qui ne demande qu’à être exploité.

Merci d’avoir pris le temps de répondre à mes questions !

Merci à toi Béa !

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