Court & Bref, l’après 11 mai avec Frédéric Ronal !

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Devant la foultitude de retours plus que positifs et de demandes, “Court & Bref” continue !
Une seule question se pose : « Et après ? » Penser à « l’après » est une façon de mobiliser ses forces positives pour un futur que l’on imagine meilleur !

Comment va-t-on retrouver Marseille ? Les initiatives se construisent, mais seront-elles suffisantes ? Une prise de conscience collective va-t-elle faire bouger les lignes ?

Territoire, environnement, culture,etc… dans cette prolongation de « Court & Bref », c’est le point de vue des acteurs économiques, politiques et culturels de notre Cité Phocéenne que je décide de développer. Incontournables de notre Cité Phocéenne, ils et elles concentrent l’espoir et la résilience d’un renouveau toujours possible.

Le meilleur est devant…Go Marseille !

Avec nous aujourd’hui, Frédéric Ronal, Président au Comité Régional des Banques, Vice-président de la Chambre de Commerce et d’Industrie Marseille-Provence, Directeur de Marchés auprès d’Arkea Banques Entreprise et institutionnels.

Bonjour Frédéric, merci de m’accorder ces quelques instants.

Nous sortons à peine du confinement. Pendant que les marseillais reprennent tout doucement une vie normale. Quel est le pouls de Marseille, aujourd’hui ?

Les marseillais et plus encore l’économie provençale sortent groggyde cette période de crise sanitaire, totalement inédite. De la peur, de l’incompréhension, des informations qui déferlent 24/24, pas toujours vraies d’ailleurs,et beaucoup d’interrogations sur l’avenir. Aujourd’hui, ce n’est pas le « monde de demain » qui intéressent les gens, c’est simplement ce qui va se passer dans les prochainsjours, les prochaines semaines …. Reprendre le travail, retrouver une vie normale ; pour d’autres, sauver son emploi, son commerce ou son entreprise ! Avant de philosopher sur l’avenir, il va falloir affronter la crise économique et donc sociale qui s’annonce et pour cela nous aurons besoin de toutes les ressources et de beaucoup d’énergie.

N’en en avons-nous pas trop fait ? Quel sera le prix à payer au sortir de cette crise sanitaire ?

Certains grands patrons français militent pour une « relance verte ». Des plans massifs d’investissements publics verts seraient le moyen le plus efficace pour relancer les économies, pour une après-crise plus soucieuse d’environnement. Pensez-vous qu’il faille une relance économique « verte » qui réindustrialise aussi l’économie de notre territoire ?

Chaque secteur y va de son plan de reprise et c’est une bonne chose que d’essayer d’organiser l’avenir ….Ces plans ont quasiment tous une composante environnementale et je m’en félicite ; si nous pouvons orienter la reprise d’activité vers des solutions plus douces pour la planète, nous n’aurons pas tout perdu !

Attention par contre à cette mode du « green washing » qui fait que l’on parle plus d’environnement que ce que l’on agit au quotidien ! L’environnement est tendance et les discours se « verdissent » facilement… la mise en œuvre opérationnelle, concrète est beaucoup plus difficile. N’oublions pas que la transition environnementale a un coût et qu’elle suppose que nous revoyonsnos comportements et nos priorités.

Selon la Banque de France, le confinement a coûté près de six points à l’économie française et l’activité économique en France a plongé de 27%  au mois d’avril par rapport à la trajectoire attendue avant la crise, en raison du confinement. Comment voyez-vous repartir l’économie de notre territoire ? Les initiatives se construisent, mais seront-elles suffisantes ? Une prise de conscience collective fera-t-elle faire bouger les lignes ?

 Le confinement de la population a largement pénalisé l’activité économique et la dégradation du PIB français n’est que le reflet de ce véritable « arrêt d’activité » qu’ont subi nos entreprises pendant près de 2 mois. Il est important de préciser que certaines de nos entreprises restent toujours interdites d’activité et ce pour le 3ème mois !

La reprise ne peut être que lente. Elle est rendu compliquée par la mise en œuvre de protocoles sanitaires qui pénalisent le retour au travail des salariés, la productivité et occasionnent des coûts d’exploitation important. Il est impératif par contre que les gens retournent au travail et que la vie reprenne son cours. Je suis convaincu que la reprise dépendra d’un savant mélange entre « soutien public » et initiative privée. Le choc est trop dur pour que l’Etat se désengage rapidement, il faut organiser le soutien à l’activité pour l’aider à redémarrer ; cela vaut notamment pour les dispositif de chômage partiel, de soutien à l’investissement ou à la trésorerie, d’allègements fiscaux ou sociaux ….

Les plans de reprises évoqués plus haut doivent aider à construire une stratégie intelligente de soutien public dégressif de l’activité sur la fin de l’année 2020 mais aussi probablement sur 2021.

Comprendre la consommation de demain. La crise sanitaire a servi d’accélérateur à des tendances qui se dessinaient déjà. Hybride, made in France, petits créateurs, dans un monde post Covid-19, comment consommerons-nous ?

La crise a effectivement accéléré l’utilisation d’outils qui existaient déjà … c’est le cas du télétravail bien sur mais aussi du e-commerce ou simplement du paiement sans contact.

Les français et nos entreprises se sont finalement très vite adaptés à la contrainte du confinement et beaucoup d’initiatives astucieuses ont fleuri,  largement relayées par les réseaux sociaux.

Je ne crois pas au concept du « monde d’après » ! Le « monde d’après » ressemblera beaucoup au « monde d’avant » … malheureusement. En outre, la capacité d’oubli des hommes est importantes et il n’est pas sur que cela « nous serve de leçon ».

Certaines choses devraient par contre rester, cela devrait être le cas du e-commerce mais aussi, je l’espère du commerce de proximité. Pendant cette crise, les gens ont redécouvert leur vie de quartier et les commerces qui les entouraient ; espérons que cette tendance se poursuive et se renforce. Plus que jamais, les commerçants devront organiser leur business entre réseau physique et vente à distance. Ce phénomène existait déjà avant la crise, il en sort renforcé.

Nous avons découvert aussi, pendant cette crise, quele « shopping » n’était pas un fin en soi ! Espérons que nous sortirons de cette crise avec une consommation apaisée et plus responsable.

Le mois de mai nous amène progressivement vers l’été, saison de distractions. La culture est le reflet d’un monde polymorphe à la pluralité des sens.  Dans un sens courant, elle évoque généralement la connaissance des œuvres de l’esprit : littérature, musique, danse, art, etc. Et demeure aussi un « héritage social ».  Quelle « culture » aimeriez-vous voir à Marseille ?

Toutes les cultures sont les bienvenus à Marseille ! Nous sommes une cité multiculturelle par son histoire et toutes les sensibilités y sont représentées.

Je regrette tout particulièrement que les évènements prévus dans le cadre de la saison Africa 2020 n’aient pu se tenir. Vous connaissez mon attachement à l’Afrique et à sa culture. Le programme était magnifique et aurait permis de rappeler que Marseille restait cette capitale Euro-Africaine que je revendique.

 Enfin, comment voyez-vous Marseille « demain » ?

Comme cette grande capitale Euro africaine évoquée plus haut, cette passerelle naturelle entre l’Europe et un continent africain qui suscite autant d’espoirs que de craintes. Nous avons eu le monopole du commerce avec l’Afrique pendant des siècles, retrouvons cette position.

Marseille doit aussi rester innovante. La connectivité numérique, l’innovation médicale ou industrielle, comme le tourisme sont des piliers forts de notre économie, il nous faut travailler à les rendre encore plus fort. L’intelligence et la créativité sont les clés de notre développement.

La Provence dispose d’atouts incroyables dont elle n’a souvent même pas conscience. Ces atouts doivent être intégrés à une stratégie de développement territoriale construite autour de notre Métropole. Par définition, cette stratégie s’inscrit dans un temps long et doit donc résister et survivre aux alternances politiques, c’est une de nos principales difficultés ! Nous n’y sommes pour l’instant jamais parvenu … et je doute que le Covid-19 ai une quelconque influence sur ce problème.

C’est au monde économique de porter un projet et de l’imposer à nos institutions locales  en attendant que certains de nos entrepreneurs décident de se lancer dans le combat politique ….

 Merci d’avoir pris le temps de répondre à mes questions !

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