Court & Bref, l’après 11 mai avec Geneviève Delrieux !

Devant la foultitude de retours plus que positifs et de demandes, “Court & Bref” continue !
Une seule question se pose : « Et après ? » Penser à « l’après » est une façon de mobiliser ses forces positives pour un futur que l’on imagine meilleur !

Comment va-t-on retrouver Marseille ? Les initiatives se construisent, mais seront-elles suffisantes ? Une prise de conscience collective va-t-elle faire bouger les lignes ?

Territoire, environnement, culture,etc… dans cette prolongation de « Court & Bref », c’est le point de vue des acteurs économiques, politiques et culturels de notre Cité Phocéenne que je décide de développer. Incontournables de notre Cité Phocéenne, ils et elles concentrent l’espoir et la résilience d’un renouveau toujours possible.

Le meilleur est devant…Go Marseille !

 

Avec nous aujourd’hui, Geneviève Delrieux, Styliste, Coordinatrice de Style et de
Collections, Formatrice Design de Mode – Conseillère Pédagogique Mode à l’IICC
MODE (Institut International de Création et de Couture).

Bonjour Geneviève, merci de m’accorder, à nouveau, ces quelques instants.

Bonjour Béatrice, c’est avec joie.

Nous sortons à peine du confinement. Pendant que les marseillais reprennent
tout doucement une vie normale. Quel est le pouls de Marseille, aujourd’hui ?
J’ai du me rendre en centre ville lundi 11 mai vers 15h. J’ai marché de la place du
4 septembre jusqu’à la place de Rome, heureuse de retrouver la vie dans les rues.
Puis les voitures, des Klaxons, les engueulades de rue ou de voitures m’ont très vite
agressée.
J’ai regretté le silence non pollué qui laissait place aux chants des oiseaux.
Certains grands patrons français militent pour une « relance verte ». Des plans
massifs d’investissements publics verts seraient le moyen le plus efficace pour
relancer les économies, pour une après-crise plus soucieuse d’environnement.

Pensez-vous qu’il faille une relance économique « verte » qui réindustrialise
aussi l’économie de notre territoire ?
Absolument. Nous avions conscience de l’urgence de nous préoccuper de la
biodiversité, mais là nous avons vraiment touché du doigt à quel point il est
important d’avoir de l’oxygène, de réinventer les villes pour que la planète respire
et que chacun vive mieux.

Selon la Banque de France, le confinement a coûté près de six points à
l’économie française et l’activité économique en France a plongé de 27% au
mois d’avril par rapport à la trajectoire attendue avant la crise, en raison du
confinement. Comment voyez-vous repartir l’économie de notre territoire ? Les
initiatives se construisent, mais seront-elles suffisantes ? Une prise de
conscience collective fera-t-elle faire bouger les lignes ?

Je ne suis pas économiste. Je suis plutôt créative.
Je pense que la situation nous apprend à nous réinventer. Réinventer nos manières
de fonctionner, de consommer et de travailler. Des métiers boudés hier
apparaissent aujourd’hui comme indispensables et sont valorisés. D’autres métiers
vont nous apparaître futiles et inutiles peut-être. Et certainement que de nouveaux
métiers naîtront prochainement. J’ose l’espérer.
Nous devons créer un nouveau mode de fonctionnement. L’économie aussi doit se
réinventer et s’adapter. C’est ce qui est arrivé après chaque crise. Chaque crise a
été suivie d’un grand mouvement de création pour reconstruire. Evidemment, ce
sera plus efficace et plus rapide avec une prise de conscience collective. Il faut
penser plus loin dans l’après.
L’être humain en est-il capable? Est-il capable d’oublier son nombril et de regarder
plus loin que le bout de son nez?

Comprendre la consommation de demain. La crise sanitaire a servi
d’accélérateur à des tendances qui se dessinaient déjà. Hybride, made in
France, petits créateurs, dans un monde post Covid-19, comment
consommerons-nous ?
J’espère que nous consommerons Made in France, responsable, de proximité.
J’espère que chacun d’entre nous, acteur et consommateur de cette industrie
qu’est la mode, se souviendra qu’il a réussi à manger, s’habiller, se protéger,
continuer à travailler pour certains, grâce à des petites entreprises de proximité.
Des petits commerçants et artisans ont travaillé très dur durant ce confinement.
Pouvons-nous oublier, comme cela était avant confinement, à quel point ils sont
précieux? Encore une fois, j’ose espérer que non.

Le mois de mai nous amène progressivement vers l’été, saison de distractions.
La culture est le reflet d’un monde polymorphe à la pluralité des sens. Dans un
sens courant, elle évoque généralement la connaissance des œuvres de l’esprit :
littérature, musique, danse, art, etc. Et demeure aussi un « héritage social ».
Quelle « culture » aimeriez-vous voir à Marseille ?
Expositions, musique, danse, théâtre, cinéma … Tout.
La culture est primordiale. Elle est nourrissante et enrichissante. Elle ouvre le
regard. Elle vous force parfois à ouvrir les yeux sur ce que vous ne voulez pas voir.
La culture est indispensable. Elle nous fait rêver, pleurer, enrager, rire, réfléchir…
Elle nourrit.
Il faut vite que l’accès à la culture soit opérationnel. C’est tellement important.
Et de toute urgence pour ceux qui en vivent. Il y a des passionnés qui ont donné
leur vie à la culture et qui n’ont actuellement aucun revenus. Ce n’est déjà pas
facile de vivre de sa passion en temps fructueux. Vous imaginez bien que la
majorité des artistes n’ont pas de plan épargne ou des placements qui leurs
permettent de subvenir à leurs besoins durant plusieurs mois!
Il y a urgence !

Enfin, comment voyez-vous Marseille « demain » ?
Comme d’habitude, riche en contradictions 🙂

Merci d’avoir pris le temps de répondre à mes questions !
Merci à vous Béatrice pour cette invitation dé-confinement.

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