Court & Bref, l’après 11 mai avec Jean-Baptiste Jaussaud  !

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Devant la foultitude de retours plus que positifs et de demandes, “Court & Bref” continue !
Une seule question se pose : « Et après ? » Penser à « l’après » est une façon de mobiliser ses forces positives pour un futur que l’on imagine meilleur !

Comment va-t-on retrouver Marseille ? Les initiatives se construisent, mais seront-elles suffisantes ? Une prise de conscience collective va-t-elle faire bouger les lignes ?

Territoire, environnement, culture,etc… dans cette prolongation de « Court & Bref », c’est le point de vue des acteurs économiques, politiques et culturels de notre Cité Phocéenne que je décide de développer. Incontournables de notre Cité Phocéenne, ils et elles concentrent l’espoir et la résilience d’un renouveau toujours possible.

Le meilleur est devant…Go Marseille !

Avec nous aujourd’hui, Jean-Baptiste Jaussaud, Economiste et entrepreneur, Fondateur du MuSaMa (Musée du Savon de Marseille), Président Directeur Général de la Compagnie Générale des Savonneries et des Huileries (CGSH), Administrateur et repreneur du titre du quotidien local, « Le Méridional ».

Bonjour Jean-Baptiste, merci de m’accorder, à nouveau, ces quelques instants.

Nous sortons à peine du confinement. Pendant que les marseillais reprennent tout doucement une vie normale. Quel est le pouls de Marseille, aujourd’hui ?

Cette situation est très particulière et tous les Marseillais ne semblent pas y réagir de la même manière. Le niveau d’exposition de chacun à ce virus lié aux enjeux personnels de cette reprise et à une grande diversité des sources d’information et des analyses, font que les Marseillais se partagent entre la poursuite du confinement pour certains et une reprise totale et décomplexée de la vie quotidienne pour d’autres.

Certains grands patrons français militent pour une « relance verte ». Des plans massifs d’investissements publics verts seraient le moyen le plus efficace pour relancer les économies, pour une après-crise plus soucieuse d’environnement. Pensez-vous qu’il faille une relance économique « verte » qui réindustrialise aussi l’économie de notre territoire ?

L’urgence pour moi est d’abord d’endiguer cette crise avant d’amorcer un plan de relance et plus encore de lui donner une couleur.

“Vert” est un mot rassurant, à la mode qui, bien sûr, suscite notre sympathie à tous mais on ne sort pas des crises à coups de mots magiques.

Avant de parler d’investissement, il est important de réfléchir à qui va investir.

A mon avis, il est plus important de libérer la créativité des entrepreneurs de notre territoire par un allégement fiscal, par une simplification des démarches administratives parfois kafkaïennes et par une confiance supérieure en l’esprit d’entreprendre.

Les sorties de crise ne sont pas des temps où les pouvoirs publics doivent demander plus de confiance mais des temps où ils doivent faire plus confiance.

Si on libère ces énergies entrepreneuriales, je ne doute pas qu’elles épousent les aspirations des consommateurs qui vont naturellement et clairement vers l’économie verte.

Selon la Banque de France, le confinement a coûté près de six points à l’économie française et l’activité économique en France a plongé de 27%  au mois d’avril par rapport à la trajectoire attendue avant la crise, en raison du confinement. Comment voyez-vous repartir l’économie de notre territoire ? Les initiatives se construisent, mais seront-elles suffisantes ? Une prise de conscience collective fera-t-elle faire bouger les lignes ?

 Cette crise sanitaire touche durement l’économie française qui était malheureusement déjà en perte de vitesse. La crise agit comme un accélérateur et un révélateur d’une nécessité de révolution économique qui était antérieure. Notre territoire joue, dans ce contexte, un rôle fondamental car il a tout pour être le nouveau réacteur de l’économie nationale. Cependant, si notre territoire s’est montré particulièrement dynamique, il ne peut agir sur les conséquences monétaires de cette crise.

La politique de taux zéro dans laquelle sont enfermées nos banques centrales risque d’avoir de lourdes conséquences inflationnistes et à la fin, l’inflation est un impôt.

Je pense donc que la création de monnaies locales ou de monnaies thématiques voire l’accélération dans l’adoption de certaines crypto monnaies vont apparaître comme des solutions de plus en plus pertinentes; et qu’une prise de conscience sur ce sujet me semble souhaitable.

Comprendre la consommation de demain. La crise sanitaire a servi d’accélérateur à des tendances qui se dessinaient déjà. Hybride, made in France, petits créateurs, dans un monde post Covid-19, comment consommerons-nous ?

Je suis parfaitement d’accord avec cette notion de crise comme accélérateur du changement des modes de consommation. La difficulté est que si un nombre certain de consommateurs se re-concentre sur un produit local porteur de sens et de valeur, la course au prix reste un critère phare de la consommation.

La consommation liée à la crise est un révélateur de la relative stabilité des tendances de consommation. Par exemple, la majorité des gens lisait avec sympathie des articles sur des masques ou produits de protection réalisés dans les normes par des PME locales mais dans les faits, le gros du marché des masques et des produits de protection contre le COVID-19 a profité à des usines de masse étrangères, notamment asiatiques. Espérons que les mentalités aient un temps d’avance sur les porte-monnaie.

Le mois de mai nous amène progressivement vers l’été, saison de distractions. La culture est le reflet d’un monde polymorphe à la pluralité des sens.  Dans un sens courant, elle évoque généralement la connaissance des œuvres de l’esprit : littérature, musique, danse, art, etc. Et demeure aussi un « héritage social ».  Quelle « culture » aimeriez-vous voir à Marseille ?

La culture a , pour l’instant, su être responsable, en se conformant aux consignes sanitaires et en s’effaçant momentanément de la place publique. La beauté est que malgré la consommation de culture dans l’espace public en veille, sur les écrans des ordinateurs, dans les bibliothèques des maisons confinées et sous toutes les formes sous lesquelles elle peut rentrer dans une maison, la culture a accompagné le confinement.

Ce confinement ayant démontré à quel point une dose de culture était indispensable à nos vies, je souhaite ardemment que ce secteur sache se sauver et se réinventer pour revenir triomphant à la fin des restrictions sanitaires. Cette crise nous a momentanément éloignée les uns des autres, empêchée de nous réunir, de nous parler de trop prêt, de nous prendre dans les bras, de partager des moments. La culture doit être le plus beau prétexte possible pour permettre de revigorer ce lien social après la crise.

Enfin, comment voyez-vous Marseille « demain » ?

Si je devais faire le “bulletin socio-météo” de notre ville, je dirai que demain, après quelques averses où il sera préférable de se mettre à l’abri, il fera à nouveau beau!

 Merci d’avoir pris le temps de répondre à mes questions !

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