Court & Bref, l’après 11 mai avec Jean-Luc Chauvin !

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Devant la foultitude de retours plus que positifs et de demandes, “Court & Bref” continue !
Une seule question se pose : « Et après ? » Penser à « l’après » est une façon de mobiliser ses forces positives pour un futur que l’on imagine meilleur !

Comment va-t-on retrouver Marseille ? Les initiatives se construisent, mais seront-elles suffisantes ? Une prise de conscience collective va-t-elle faire bouger les lignes ?

Territoire, environnement, culture,etc… dans cette prolongation de « Court & Bref », c’est le point de vue des acteurs économiques, politiques et culturels de notre Cité Phocéenne que je décide de développer. Incontournables de notre Cité Phocéenne, ils et elles concentrent l’espoir et la résilience d’un renouveau toujours possible.

Le meilleur est devant…Go Marseille !

Avec nous aujourd’hui, Jean-Luc Chauvin, Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie métropolitaine Aix-Marseille Provence (CCIAMP), Président Directeur Général du Groupe OTIM Immobilier.

Bonjour Jean-Luc, merci de m’accorder ces quelques instants.

Nous sortons à peine du confinement. Pendant que les marseillais reprennent tout doucement une vie normale. Quel est le pouls de Marseille, aujourd’hui ?

Le monde traverse une crise sans précédent, il faut être lucide, il y aura un avant et un après COVID-19.

Au niveau de la Métropole Aix-Marseille Provence, l’activité économique est en baisse de plus de 30% par rapport à l’année dernière, avec une chute de l’activité marchande de plus de 40%. C’est une situation sans précédent qui n’est et ne sera pas sans conséquence sur notre PIB, sur la santé de nos entreprises, sur nos capacités d’investissement et sur nos emplois.

Pour autant, notre territoire a de la ressource, j’en suis convaincu, il en a fait preuve par le passé et au travers des siècles. Il en a fait aussi la démonstration durant cette crise en y répondant avec solidarité, agilité et créativité… bref en étant en mode solution.

J’ai donc confiance dans notre capacité de rebond car nous avons de très nombreux atouts et je sais que l’on peut compter sur l’énergie et le talent de nombreuses entreprises et acteurs économiques pour effectuer le saut quantique dont le territoire a besoin.

Certains grands patrons français militent pour une « relance verte ». Des plans massifs d’investissements publics verts seraient le moyen le plus efficace pour relancer les économies, pour une après-crise plus soucieuse d’environnement. Pensez-vous qu’il faille une relance économique « verte » qui réindustrialise aussi l’économie de notre territoire ?

La crise du COVID-19 et ses conséquences sur nos vies, nos entreprises, nos territoires soulèvent de nombreuses questions tant sur le plan économique, que social et sociétal.

Nous devons dès maintenant retirer tous les enseignements de ce que nous vivons et construire le rebond sur des bases qui permettent à nos économies de renforcer leur résistance aux chocs de toute nature et de s’inscrire dans une trajectoire durable.

Ici à Aix-Marseille-Provence, l’industrie fait partie de notre histoire et de l’ADN de notre territoire, nous avons des entreprises, des savoir-faire, des pôles de compétitivité.

Il s’agit donc moins de nous réindustrialiser que de repenser notre industrie ; ce processus est déjà amorcé, d’abord par des entreprises traditionnelles qui revoient leurs modes de production pour adopter une trajectoire toujours plus vertueuse, et aussi par des initiatives qui font monter en puissance l’industrie du futur, c’est par exemple le cas de plateformes d’innovation telles que PIICTO, Jupiter ou encore autour du devenir du site de Meyreuil Gardanne.

Ce mouvement doit s’accélérer, pour bénéficier aux activités décarbonées, bien sûr, qu’il s’agisse de production d’énergie ou encore d’économie circulaire industrielle. Notre territoire peut et doit devenir un lab à ciel ouvert de toutes ces filières décarbonées.

Mais nous pouvons également renforcer notre pôle santé : nous avons des laboratoires de recherche en pointe en matière de santé, ils inventent des molécules qui sont produites ailleurs, sans doute pouvons-nous capter une partie de la production localement.

Dans tous ces domaines, nous devons être proactifs pour implanter chez nous des sites de production, en créant par exemple une cellule métropolitaine de relocalisation industrielle.

Selon la Banque de France, le confinement a coûté près de six points à l’économie française et l’activité économique en France a plongé de 27%  au mois d’avril par rapport à la trajectoire attendue avant la crise, en raison du confinement. Comment voyez-vous repartir l’économie de notre territoire ? Les initiatives se construisent, mais seront-elles suffisantes ? Une prise de conscience collective fera-t-elle faire bouger les lignes ?

Rappelons-le, notre économie a bénéficié d’aides sans précédent pour amortir le choc de la crise et permettre un redémarrage rapide.

Aujourd’hui la problématique est différente : il faut faire repartir notre activité économique sans risque pour les salariés, les clients, les fournisseurs.

Les gestes barrière resteront la règle, sans doute pour longtemps encore, donc oui, la prise de conscience individuelle et collective est essentielle.

Mais ce ne sera pas suffisant, il faut également stimuler la demande, en particulier en faveur des secteurs les plus touchés, je pense aux commerces, à la restauration, à l’hôtellerie, au tourisme au sens large.

La CCI métropolitaine Aix-Marseille-Provence a mis en place une campagne de communication #çaRepartici pour booster l’achat local, ainsi que des chèques cadeau utilisables chez les commerçants de notre Métropole, Treiz’local – https://www.treizlocal.com/

Nous avons également décidé de soutenir l’achat local en B to B, en offrant jusqu’à fin décembre 2020 l’adhésion au Métropolitain Business Act, notre dispositif de mise en relation entre acheteurs et fournisseurs au niveau local.

Toutes ces initiatives attestent d’une volonté de mettre en oeuvre des actions opérationnelles coordonnées, dont l’efficacité repose sur un vrai jeu collectif.

Comprendre la consommation de demain. La crise sanitaire a servi d’accélérateur à des tendances qui se dessinaient déjà. Hybride, made in France, petits créateurs, dans un monde post Covid-19, comment consommerons-nous ?

La crise que nous traversons bouscule tous les logiciels des décideurs, des acteurs économiques et de leurs salariés, et aussi des consommateurs.

La consommation post COVID-19 devrait accorder une place importante à la proximité, le confinement nous a tous aidé à renouer avec les commerces de proximité, les fournisseurs de proximité avec lequel il existe une relation de confiance.

D’un autre côté, et ce n’est pas forcément paradoxal, notre consommation sera aussi plus digitale, en deux mois de confinement, nous avons fait les sauts technologiques qui auraient pris des années : le « sans contact » en particulier a pris une importance considérable, que ce soit dans la télémédecine, la formation en distanciel, l’achat dématérialisé…-, c’est un acquis amené à s’installer durablement dans notre quotidien.

 Le mois de mai nous amène progressivement vers l’été, saison de distractions. La culture est le reflet d’un monde polymorphe à la pluralité des sens.  Dans un sens courant, elle évoque généralement la connaissance des œuvres de l’esprit : littérature, musique, danse, art, etc. Et demeure aussi un « héritage social ».  Quelle « culture » aimeriez-vous voir à Marseille ?

D’abord je souhaite que les espaces culturels de Marseille et de notre belle Provence soient déconfinés au plus vite ; c’est une nécessité pour que chacun, qu’il soit résident ou touriste, soit en mesure de découvrir ou redécouvrir la richesse culturelle de notre territoire.

En redonnant de la vie à ces lieux, nous participons à transmettre ce qu’est ce territoire, à témoigner de son évolution au cours de ses 2.600 ans d’histoire et aussi à valoriser une formidable diversité culturelle issue d’un brassage de population aux influences multiples.

Nos lieux et expressions culturelles doivent être un facteur de fierté, d’attractivité et de rayonnement.

La culture que j’aimerais pour Marseille est une culture imprégnée de notre patrimoine provençal et ancrée dans la Méditerranée, une culture qui se nourrit de tradition et de modernité, une culture qui innove et s’ouvre au monde.

Par exemple, en matière de cinéma et de production audiovisuelles, là où nous avons des atouts indéniables, Marseille peut s’imposer comme un lieu de création et un lieu de résidence pour des talents venus du monde entier.

La culture peut jouer un rôle de témoin, de relais et d’accélérateur de cette ouverture à laquelle je tiens tout particulièrement pour notre territoire.

Enfin, comment voyez-vous Marseille « demain » ?

Nous avons ici une formidable énergie humaine et entrepreneuriale, un esprit rebelle qui nous rend audacieux et créatifs, des qualités indispensables pour relever les grands défis de demain. Notre Métropole a également vocation à jouer un rôle phare en Méditerranée, comme ça a été le cas dans des périodes charnière de notre histoire.

Cette ambition m’amène à penser qu’Aix Marseille Provence peut préparer « l’après » en concentrant ses efforts sur quelques filières prioritaires, là où nous avons des atouts différenciants, là où nous pourrons prétendre avoir un coup d’avance.

En matière de santé, d’abord, nous pouvons encore étoffer notre écosystème déjà riche de laboratoires de recherche de renom, de pôles innovants ou de startups et pépites prometteuses.

En matière d’économie décarbonée, également, les terrains de jeu ne manquent pas, que ce soit dans la production d’énergie, l’économie circulaire, les mobilités alternative ou l’efficacité énergétique.

Enfin, sur la filière numérique, les attentes sont immenses dans tous les domaines, et les usages se transforment… et Marseille compte parmi les hubs data les plus importants au monde.

C’est ainsi que nous incarnerons la ville Méditerranéenne durable de demain que j’appelle de mes vœux.

Merci d’avoir pris le temps de répondre à mes questions !

https://www.ccimp.com/

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