Court & Bref, l’après 11 mai avec Tony Tomei !

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Devant la foultitude de retours plus que positifs et de demandes, “Court & Bref” continue !
Une seule question se pose : « Et après ? » Penser à « l’après » est une façon de mobiliser ses forces positives pour un futur que l’on imagine meilleur !

Comment va-t-on retrouver Marseille ? Les initiatives se construisent, mais seront-elles suffisantes ? Une prise de conscience collective va-t-elle faire bouger les lignes ?

Territoire, environnement, culture,etc… dans cette prolongation de « Court & Bref », c’est le point de vue des acteurs économiques, politiques et culturels de notre Cité Phocéenne que je décide de développer. Incontournables de notre Cité Phocéenne, ils et elles concentrent l’espoir et la résilience d’un renouveau toujours possible.

Le meilleur est devant…Go Marseille !

Avec nous aujourd’hui, Tony Tomei, Président Fondateur de « Le Club de Vins » (entreprise de négoce en Vins et Champagnes/Formation et conseils en œnologie) & Président-Fondateur du Wine’s Club, club d’affaires spécialisé en œnologie.

Bonjour Tony, merci de m’accorder ces quelques instants.

Nous sortons à peine du confinement. Pendant que les marseillais reprennent tout doucement une vie normale. Quel est le pouls de Marseille, aujourd’hui ?

Bonjour Béatrice, merci à vous de m’accorder cet entretien “Court & Bref”.

Nous avons vécu un épisode totalement inédit, le confinement de quelques milliards d’être-humains sur terre, les marseillais ont été forts durant cette épreuve, et en grande majorité disciplinés, c’est déjà un point très positif, je pense que le plus dur a été l’éloignement des personnes entre-elles, la famille, les amis, le travail, les relations sociales, en ont prit ‘’un coup’’.

Cet épisode nous démontre bien que la nature profonde de l’Homme est de toujours être en interaction avec les autres hommes.

Cela m’a beaucoup fait pensé à  ‘’Koyaanisqatsi’’ , film documentaire expérimental réalisé par Godfrey Reggio (1982) qui traite en partie, ce sujet.

Depuis le 11 mai nous nous déconfinons, petit à petit, cette ‘’reprise’’ est timide, mais cela est à mon sens tout à fait normal, il aurait été surprenant que la vie reprenne comme si rien ne s’était passé… La première prudence est avant tout sanitaire, c’est un réflexe naturel chez l’Homme de se prémunir d’un danger, la deuxième prudence est économique, les achats effectués sont rationalisés, le post de dépense le plus important durant cette reprise demeure ‘’l’alimentaire’’…

Mais je suis optimiste, la vie économique reprendra plutôt rapidement, une fois que la peur sera dépassée, c’est l’envie de vivre et de profiter de chaque instant qui reviendra en force, l’économie est intimement liée au moral des consommateurs…

Certains grands patrons français militent pour une « relance verte ». Des plans massifs d’investissements publics verts seraient le moyen le plus efficace pour relancer les économies, pour une après-crise plus soucieuse d’environnement. Pensez-vous qu’il faille une relance économique « verte » qui réindustrialise aussi l’économie de notre territoire ?

Cette épreuve nous a clairement signifié que lorsque l’Homme se confine, la nature, les animaux et toute vie reprend ses droits, les dauphins reviennent nager dans les ports, entre autre… Alors oui, je suis favorable à une relance verte, avec des investissements massifs, et non simplement un moyen de ‘’surfer sur la vague’’, parce que c’est ‘’tendance’’… Nous vivons un tournant, et il va falloir négocier au mieux ce virage en faisant les bons choix, qui auront un impact direct sur notre planète, ainsi que sur nous, nos enfants et les générations futures.

Il faut refondre totalement notre manière de penser, agir, travailler, vivre… Au-delà des investissements nécessaires à une relance économique ‘’verte’’, nous devons avant tout œuvrer tous ensemble avec les scientifiques, les industriels, les chimistes, les journalistes et professionnels de la communication, les commerçants, les promoteurs immobiliers, les entrepreneurs, les constructeurs automobiles, les professionnels du transport, les politiques… etc.…

Seul l’union de l’ensemble de ces acteurs avançant dans un même sens, vers un seul objectif, favorisera la protection de la planète, de la nature, et la préservation de l’espèce humaine, il nous faut réinventer notre économie, pour espérer la rendre ‘’propre’’ et en totale symbiose avec notre environnement, nous ne pouvons plus nous permettre des actions écologiques à la ‘’carte’’, parce que cela ‘’fait bien’’ de traiter un peu le sujet… Le ‘’Green Power’’ est incontournable et urgent, notre  territoire peut très bien devenir un exemple écologique !

Le confinement nous a réapprit ce qu’est la patience, espérons que le Covid-19 nous ai au moins aidé à enfin prendre conscience que pour de seuls intérêts économiques, nous détruisons notre planète !

Selon la Banque de France, le confinement a coûté près de six points à l’économie française et l’activité économique en France a plongé de 27%  au mois d’avril par rapport à la trajectoire attendue avant la crise, en raison du confinement. Comment voyez-vous repartir l’économie de notre territoire ? Les initiatives se construisent, mais seront-elles suffisantes ? Une prise de conscience collective fera-t-elle faire bouger les lignes ?

Et bien il paraît que tout ce qui monte redescend et inversement…

Pour l’économie, c’est la même chose… Et cette chute est tout à fait normale puisqu’elle est un effet réactionnel dû à l’arrêt quasi-totale de l’activité générale de notre pays durant deux mois.

Ce qui me préoccupe n’est pas tant la chute mais plutôt la remontée, comment allons-nous nous y prendre, et de combien de temps avons-nous besoin pour y parvenir ?…

Il faut tout d’abord attendre les directives de l’état à ce sujet, quel plan d’action nous sera soumis, quel sera la vision macroscopique ?

Libre à nous, sur notre territoire, de définir ensemble une façon différente de produire et de commercer qui nous sera propre, et pourra devenir un exemple national,  je suis encore une fois convaincu que seule l’action commune sera efficace, cette crise sanitaire nous a bien montré les limites de notre système économique, nous ‘’jouons’’ trop d’égoïsme, cela s’avère vite inefficace en période de crise…

L’économie est une chaîne où chaque maillon est lié l’un à l’autre, si l’un des  « acteurs » est fragile, c’est l’ensemble de la chaîne qui casse, autrement dit, si depuis quelques temps nous voyons apparaitre une économie dite ‘’durable et ou ‘’équitable’’, je crois qu’il faudrait surtout que naisse une économie ‘’raisonnée’’ qui prenne en compte d’abord les contraintes écologiques, et les demandes et besoins de chaque intervenant en lien avec l’action économique et commerciale concernée, sans oublier l’objectif final, la satisfaction du client…

Réapprendre à mieux consommer, favoriser les produits locaux et de saison, surveiller en permanence le bilan carbone, remettre systématiquement en avant le savoir-faire, et les spécificités de nos régions.

Consommer différemment et mieux…

 Comprendre la consommation de demain. La crise sanitaire a servi d’accélérateur à des tendances qui se dessinaient déjà. Hybride, made in France, petits créateurs, dans un monde post Covid-19, comment consommerons-nous ?

Effectivement Béatrice, le Covid-19 a accéléré et mis en exergue ce qui se dessinait depuis déjà quelques années, je ne sais pas comment les populations consommeront dans un monde post Coronavirus, mais je suis convaincu que nous devrons rationaliser notre consommation, consommer moins mais mieux, redonner la place qu’elle mérite à nos produits, notre savoir-faire, être fier de ce que nous produisons, éduquer nos enfants à mieux consommer, leur apprendre l’importance de manger équilibré, de se rapprocher des TPE/PME pour effectuer leurs différents achats, c’est la proximité ‘’clients-entreprises’’ qui génère et favorise le Conseil, et la relation-clients non l’éloignement…

Mais nous ne devons pas nous méprendre, la difficulté majeure liée à ce changement sera, ‘’comment faire en sorte que toutes les bourses puissent y avoir accès ?’’…Nous avons donc beaucoup de travail à accomplir pour changer tout ça…

En tant que Président Fondateur du Wine’s Club (Club d’Affaires) j’ai la chance d’être en contact permanent avec des personnes qui animent et font vivre l’économie de notre territoire, il y a de vraies ‘’pépites’’ chez nous, et nous devons en être fier, communiquer et mettre en avant leur travail !

Ce sont nos enfants qui feront le monde de ‘’demain’’, notre devoir est de leur transmettre notre expérience, leur communiquer les résultats désastreux de notre consommation déraisonnée et les conséquences sur notre environnement, afin je l’espère, de leur éviter dans le futur, le chapitre de l’Histoire que nous vivons.

Le mois de mai nous amène progressivement vers l’été, saison de distractions. La culture est le reflet d’un monde polymorphe à la pluralité des sens.  Dans un sens courant, elle évoque généralement la connaissance des œuvres de l’esprit : littérature, musique, danse, art, etc. Et demeure aussi un « héritage social ».  Quelle « culture » aimeriez-vous voir à Marseille ?

Marseille est une des villes les plus anciennes de France et d’Europe, avec ses 2600 bougies, son grand âge constitue déjà une richesse et un patrimoine Historique extraordinaire, en plus d’être de par sa situation géographique et son port, la ‘’croisée des chemins’’, et la ‘’porte vers l’Orient’’.

Je ne pense pas que Marseille puisse être limitée à l’émergence d’une seule culture, cette ville est une pépinière de talents, tellement polyvalente, multi-compétente et fédératrice, qu’elle pourrait même devenir la Capitale de la Méditerranée, le MUCEM illustre tellement bien la Civilisation Méditerranéenne.

Néanmoins, il est vrai que je rêve d’une Ville de Marseille avec un rayonnement culturel équivalent à celui de Paris, pourquoi ne pas imaginer, entre autre, une collaboration étroite entre les écoles et les Musées (dans le cadre de sorties scolaires), et favoriser la transmission de la Culture pour tous (obligatoire) dès l’enfance et gratuitement…

Enfin, comment voyez-vous Marseille « demain » ?

Je la vois meneuse sur notre territoire… Avec un Pôle ‘’Economique/Écologique’’ où former les TPE /PME/Industries à animer une économie raisonnée.

Je la vois meneuse dans les transports… Avec des lignes de transports en commun qui desservent au mieux la ville et à des horaires larges.

Je la vois meneuse dans l’éducation, le sport et la culture… Avec des partenariats étroits entre les écoles, les musées et les centres sportifs.

Je la vois meneuse dans le secteur de la petite enfance… Avec des crèches suffisamment nombreuses pour accueillir nos enfants.

Je la vois meneuse dans la médecine… Avec un Pôle Santé qui concentrerait les plus grands spécialistes de la recherche scientifique,  dans un centre à la pointe de la modernité, un fer de lance Européen…

Je la vois meneuse…

Merci d’avoir pris le temps de répondre à mes questions !

Merci à vous Béatrice, et longue vie à ‘’Court et Bref’’ !

 

(C) Laura Blasko

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