Court & Bref, l’entrepreneur et son entreprise avec Humberto Miranda !

Dans cette prolongation de « Court & Bref », c’est le point de vue des acteurs économiques de notre Cité Phocéenne que je décide de développer.

Géographie économique et dynamique du territoire, de l’intelligence artificielle en passant par la robotisation jusqu’à l’humain et questions sur l’entrepreneur et son entreprise.

Go Marseille, le meilleur est devant ! 😉

Avec nous aujourd’hui, Humberto Miranda, Directeur Général de GIMS13, structure dédiée au Service interprofessionnel de Santé au Travail des Bouches-du-Rhône, partenaire privilégié des entreprises, artisans, commerçants.

Bonjour Humberto,  merci de m’accorder ces quelques instants.

Quelle est l’activité principale de votre entreprise ?

LE GIMS est un service de santé au travail qui suit 160 000 salariés et 16 000 entreprises sur Marseille et sa Région.

 Ses points forts et ses difficultés ?

Nos points ont toujours été notre qualité de service aux entreprises et le niveau d’excellence de notre organisation.

Notre point faible est lié à l’héritage de l’image de notre métier.

« La médecine du travail » n’est jamais été considérée comme une French Tech,…. pour autant, depuis  plusieurs années ce secteur a énormément changé et connaîtra très prochainement une véritable transformation en profondeur grâce, en autre, aux nouvelles technologies, l’apparition de la vidéo consultation, l’interaction avec les salariés via des applicatif d’échange et de partage entre le médecin du travail et le médecin traitant,…

Si vous aviez 20 ans aujourd’hui et que vous rêviez de devenir entrepreneur, quel concurrent créeriez-vous à votre entreprise actuelle ?

En réalité il existe déjà !

Notre propre concurrent est en nous,…c’est celui qui repousse les habitudes et la peur du changement. Aujourd’hui c’est le marché qui a 20 ans et qui nous oblige tous à avoir cet âge. L’âge de l’ouverture au monde, de la curiosité, de la volonté d’entreprendre différemment et de façon générationnelle. Au sein du GIMS j’ai des médecins de 60 ans qui ont 20 ans et j’en ai d’autres qui à 30 ans sont déjà dépassés…

Vous allez chez Google au cœur de la Silicon Valley rencontrer un profil qui collerait parfaitement à votre entreprise. Qu’est-ce que vous lui dites pour convaincre la personne de déménager demain et de venir travailler pour vous ?

Viens !,…. je veux t’inclure dans notre projet !

Le regard et les attentes vis-à-vis des entreprises évoluent progressivement. Quel est le vôtre, quel regard porte-t-on sur votre entreprise ?

Mon entreprise n’a d’intérêt à mes yeux uniquement parce qu’elle a un passé. C’est ce passé sur lequel il faut capitaliser, adapter, et conduire dans un changement obligatoire afin que ce passé continue d’être une richesse et ne sombre pas dans la mémoire d’un modèle désuet prêt à être un jour oublié.

La montée en puissance de l’intelligence artificielle et la robotisation redéfinit le monde du travail tel que nous le connaissons : selon une étude de McKinsey, presque 50% des métiers seront automatisés dans la prochaine décennie, amenant chacun à porter un regard nouveau sur ce qui est compétence…ou obsolescence. Mais alors, comment redéfinir l’humanité́ face à la machine?

A mes yeux la machine ne doit jamais concurrencer l’homme, mais le servir car l’homme est la plus précieuse des richesses. Je suis convaincu que bien utilisé, le progrès créera bien plus d’emplois qu’il n’en détruira. La difficulté réside dans la capacité de nos écoles et nos universités à préparer cette évolution. C’est d’ailleurs notre impréparation à cette transformation qui aujourd’hui met en difficulté le marché de l’emploi. Au quotidien je travaille avec des chefs d’entreprises qui me disent qu’ils sont en carence de profils car les candidats ne sont pas adaptés. Par ailleurs notre système éducatif est en retard sur ceux observés dans les pays émergeants. J’ai travaillé sept ans à l’internationale pour une grande banque française et j’ai participé au financement de centaines de projets portés par de très jeunes entrepreneurs qui avaient réussi à se former en travaillant le jour et en étudiant la nuit. Ils avaient de la brillance dans leur regard et l’énergie du désespoir pour réussir. Toute cette génération est très créative et visionnaire dans son approche. Bien entendu ils portent quasiment tous des projets qui prennent racine dans l’industrie « web », des nouvelles technologies et ont tout de suite une vision mondiale.

Mon avis est que nos politiques doivent pouvoir encadrer ces projets pour donner un sens qui ne soit pas uniquement financier, mais participe à l’évolution de la « qualité ». La qualité du bien produit, la qualité de vie qu’il apporte matériellement et socialement à l’homme. Enfin, nos politiques doivent favoriser le déploiement des circuits courts, et capitaliser sur la tradition et le savoir faire local générationnel dont la transmission reste le dernier élément d’humanité circulant dans l’économie.

 Merci d’avoir pris le temps de répondre à mes questions !

 

https://www.gims13.com/

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